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E-Sport : peut le considérer comme un véritable sport ?

Depuis que l’esport a ouvert la porte du grand public, un débat ne cesse de faire rage. L’esport est-il du sport ? Entre délégitimisation, comparaison et jeu sur les définitions, la question est au centre de toutes les discussions lorsqu’un acteur interne à l’écosystème rencontre un néophyte.Le besoin physique est sans doute l’élément qui divise le plus, pourtant la grande majorité des disciplines demandent une dextérité et une adresse supérieures aux échecs et au bridge pourtant officiellement intégrés dans la grande famille du sport.

e-Sport ?!

L’eSport, ou sport électronique, se caractérise par des compétitions de jeux vidéo. Si ce phénomène n’est pas naissant (on lui donnerait plutôt une vingtaine d’année, Quelques pays, comme les Etats-Unis et surtout la Corée du Sud, ont fait figure de pionniers.), il a connu ces dernières années une croissance et un développement fulgurant. A tel point que les institutions sportives traditionnelles, comme le CIO ou les comités olympiques continentaux et nationaux, peuvent en venir à s’interroger sur la place à donner à l’eSport. Preuve en est que des compétitions de jeux vidéo ont été intégrées à l’agenda des Jeux Asiatiques dès 2018 en démonstration, et à partir de 2022 en compétition officielle. Cependant il est primordial, si l’on souhaite effectuer une comparaison, d’établir les convergences et les divergences entre les sports « classiques » et le sport électronique aujourd’hui.

Les différences

Le principal argument de ses détracteurs est de clamer que l’eSport n’a aucune dimension d’effort ou de performance physique. Ce qui est à la fois vrai et faux. Il s’agit de savoir où l’on place l’index de comparaison. S’il est vrai que la pratique de l’eSport n’induit pas une dépense énergétique comparable à celle nécessaire à un 10 000m ou à un match de football, des capacités physiques sont requises pour y exceller, au même titre que le tir à l’arc ou le golf. Il serait donc plus proche des sports dits « d’adresse ». Nicolas Besombes précise la caractéristique utilisée pour définir les sports dans une interview donnée au journal L’Equipe, et désigne une « motricité à finalité performante » car les mécaniques de jeu requièrent indéniablement de l’entraînement. De plus, s’ils ne sont pas des sports olympiques, les comparaisons avec les sports « cérébraux » comme les échecs ou le jeu de Go sont nombreuses.

Pour autant, l’impact bénéfique de l’activité physique sur la santé est aujourd’hui largement documenté. Nos sociétés sont de plus en plus sédentaires, et promouvoir des modes de vie actifs, dans tous les environnements de vie est un enjeu de santé publique, maintes fois réaffirmé par les organisations publiques, l’OMS en premier chef. Le développement de l’eSport interroge forcément cette vision, en raison notamment de son succès auprès des plus jeunes générations.

Cependant la comparaison entre sport et eSport ne s’effectue pas uniquement sur la dimension physique. Ce dernier n’est actuellement pas reconnu par le Ministère des Sports en France, qui est un prérequis pour obtenir l’appellation officielle de « sport ». A ce jour, seul le Ministère de l’Economie et des Finances a reconnu l’esport. Cependant son cadrage juridique se précise peu à peu. La législation vient ainsi soutenir ou encourager une éventuelle reconnaissance institutionnelle, le code du sport n’étant pas adapté à la pratique des jeux vidéo.

Un autre élément majeur de réflexion concerne la gouvernance du secteur. En effet, l’industrie et le développement de l’eSport dépendent directement de l’industrie du jeu vidéo et des sociétés organisant les compétitions, qui sont des organismes privés à but lucratif. C’est peut-être la plus grosse différence intrinsèque de l’eSport vis-à-vis du sport. Cela rend toute la pratique, même amateur, dépendante des impératifs de rentabilité économique de l’éditeur du jeu et de l’organisateur d’évènements.

Les points communs

Sport et e-sport, ne se ressemblent pas seulement de par leur nom.

Ces deux activités que tout semble opposer partagent effectivement des valeurs communes : l’esprit d’équipe et de compétition, le respect ou encore (et surtout ?) l’idée de dépassement.

Tout comme leurs homologues sportifs, les meilleures équipes ou meilleurs joueurs/meilleurs joueuses d’e-sport sont vus comme de véritables stars !

Ils ont alors un impact important auprès des jeunes (et moins jeunes) et mettent parfois leur notoriété au service de causes, d’associations… En septembre 2017 par exemple, une trentaine de grands noms du streaming et de l’eSport français se sont réunis pour venir en aide aux victimes de l’ouragan Irma. En 50h, la communauté Z Event a levé plus de 450 000 euros !

Plus prosaïque, les joueurs d’e-sport sont aussi sollicités par les marques.Les fabricants de périphériques et autres marques reconnues dans l’univers du jeu vidéo s’arrachent les contrats pour équiper les plus grands joueurs et, ainsi, apparaître au plus grand nombre.

Lorsqu’un jeune joueur (de football par exemple) excelle dans son domaine, il est rapidement repéré puis sélectionné pour intégrer une structure professionnelle. Dans le monde du jeu vidéo, le même principe s’applique. Les meilleurs joueurs s’organisent en équipes, dans des structures toujours mieux organisées et équipées : maillots spéciaux, matériel, locaux dédiés à l’entraînement et même des coachs, tout y est !

Dans cet article, on a pu voir que l’eSport et le sport traditionnel partagent beaucoup de points communs, bien qu’il reste une différence dans le coté organisationnel. Depuis sa création, cette discipline tend a se rapprocher du sport traditionnel, et commence à être reconnue par beaucoup de gens et d’institutions comme étant un sport comme les autres.

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